La Batterie-Fanfare de la Musique de l'Air de Paris

                                                            (orchestre de cuivres naturels)

 

Histoire de cette formation

LULLY s'évertue à regrouper les cuivres, à les faire jouer de façon concertante, ainsi qu'à les intégrer dans l'orchestre des bois et des violes. C'était une révolution.

Nous pouvons dire que l'histoire des batteries-fanfares commence au siècle des Lumières avec Jean-Baptiste Lully.

Les fanfares de trompettes n'ont eu de cesse de se développer en particulier dans les troupes montées ( cavalerie,train,artillerie). Ces fanfares, à partir de l'Empire, furent copiées, les allemands et les anglais n'étaient pas à la traîne. Parallèlement, le cor se développe chez les guides et chasseurs donnant naissance à de belles formations dont les fanfares de chasseurs sont aujourd'hui les résultantes.

En vénerie, sous l'impulsion du Marquis de Dampierre, les fanfares de trompes apportèrent un cachet caractéristique à un genre bien particulier et recherché, qui ne cesse depuis d'accompagner les actes de chasse à courre. En 1815, à la révolution blanche, tous les instruments ayant porté la Révolution et l'Empire furent bannis des conservatoires. A de rares exceptions près, ils n'y sont pas réapparus.

Les cavaliers conservèrent malgré tout leurs trompettes. Les Tambours-Majors firent en sorte que les tambours demeurent. Mais il manquait un instrument pour les fantassins. On essaya le clairon de poste et, en 1822, COURTOIS présenta le clairon Si b qui fut adopté par l'infanterie et les troupes à pied. Cet instrument s'illustra par les chasseurs d'Orléans lors de la conquête de l'Algérie en 1830.

Lors des regroupements des tambours (sous la direction de Tambour-Maître) dans les bataillons, les clairons se joignirent à eux ; ce fut la naissance de la " Clique". Dans le monde civil on conçoit très vite l'utilité des "Cliques" pour les rassemblements , défilés et fêtes. La Fédération Gymnique et Sportive des Patronages de France (FGSPF) sera l'une des premières à se lancer dans l'action musicale populaire, l'Union des Fanfares de France, la Confédération Musicale de France en firent autant.

En 1911, le nouveau Tambour-Major de la Garde : Gabriel DEFRANCE répond à l'appel du Docteur MICHAUD pour créer la commission de France de Musique au sein de la FGSPF. Il en résulte la naissance d'une politique de création d'oeuvres destinées au monde civil et le développement des formation Si b.

A la "Batterie-Fanfare " de la Garde, composée par les tambours et clairons des régiments d'infanterie de la garde, Gabriel DEFRANCE mène une action de fond qui le verra mettre en place des clairons-basses et clairons-basses à deux pistons, des clairons-contrebasses. Il travaille de paire avec Louis Pierre PRODHOMME, Trompette-Major de la fanfare à cheval qui lui aussi, au sein de son groupe Mi b, met en place des trompettes-basses à deux pistons ainsi que des trompettes contrebasses. A son image se développe dans le monde civil des fanfares de trompettes Mi b.

L'action de Gabriel DEFRANCE et de Louis Pierre PRODHOMME dura dans le temps car ils ne quittèrent leur fonction à la Garde qu'en 1933 pour DEFRANCE et en 1938 pour PRODHOMME. Ils conservèrent des activités dans la musique du genre, jusqu'au début des années 1950.

En 1934, à la création de l'Armée de l'Air, il fut décidé de mettre en place une Musique Nationale à Paris. Cette formation qui, dès le départ, se voulut de prestige, fut mise en place par le Capitaine LATY, désigné alors qu'il dirigeait la musique du 46ème Régiment d'infanterie de Paris.

Le personnel de l'armée de l'Air venant de toute les Armes de l'Armée; il en résulta une musique ayant à l'origine une batterie-fanfare dotée de trompettes de cavalerie, de cors de chasseurs, de clairons de fantassins, de tambours traditionnels et de fifres; instruments qui réapparaissaient alors, dans une formation musicale des armées. cette Batterie-Fanfare dirigée par un jeune Tambour-Major, élève de Gabriel DEFRANCE , prit naturellement la suite de son Maître. C'est ainsi que Robert GOUTE arriva à la Fédération Sportive de France (ancienne FGSPF). Promouvant à travers la France la création d'écoles de musique au sein de chaque société, créant des concours individuels, améliorant les concours d'ensembles; il créera un courant nouveau due à ses qualités, son professionnalisme, son éclectisme, parvinrent à convaincre des compositeurs qui écrivirent pour Batterie-Fanfare : G.LUYPAERTS,

R. DELBECQ, R.FAYEULLE, J.DEVOGEL sont les premiers à se pencher sur les nouveautés à créer.

La qualité de la Batterie-Fanfare de l'Air, son dynamisme, son dévouement à la cause musicale des Batteries-Fanfares sous la direction de Robert GOUTE en fit l'archétype dont sûrement copièrent les formations civiles, puis timidement les formations militaires, et celles de la Police. On peut dire qu'à dater de 1960, l'évolution se fit remarquer dans le milieu des amateurs.

Tout en diffusant son savoir à la Fédération Sportive et Culturelle de France(FSCF) Robert GOUTE entouré de Messieurs: POIRRIER,JUSSERAND,BREARD,VERNIER sera sollicité pour accueillir des membres de l'UFF (Union des Fanfares de France) aux premiers stages de longues durées.

Dès le début des années 1950, les enregistrements nous démontrent le savoir-faire évolutif des Batteries-Fanfares et ses enregistrements sous la conduite de Robert GOUTE sont des merveilles de découvertes pédagogiques. Ils servent de déclic et provoquent la volonté des musiciens de se parfaire afin de pouvoir interpréter la musique du genre qui sait allier le traditionnel au swing, au jazz, au rock à la musique d'aujourd'hui. La Batterie-Fanfare, orchestre qui sert la musique populaire de qualité, permet aux jeunes compositeurs de s'exprimer.

A la fin des années 1970, il devient nécessaire à la Batterie-Fanfare d'avoir une entité. En 1980, on assiste à la création de la Confédération Française des Batteries-Fanfares à laquelle collaborèrent tous les grands professionnels qui suivent Robert GOUTE; Jacques Devogel et d'autres.

Qu'il me soit permis d'exprimer ici toute ma reconnaissance à Robert GOUTE pour toute son action pour le développement de ces orchestres que l'on appelle "Batteries-Fanfares". Nous savons ce que nous lui devons, que l'on soit musicien amateur ou professionnel et, lorsque j'ai assisté, de l'intérieur, à la suppression de la batterie-fanfare de la Musique de l'Air, ma première pensée à été pour lui...La plus belle formation d'entre toutes, celle qui a été à l'origine de ce nouveau répertoire qui a suscitée tant d'engouement auprès des amateurs puis des professionnels, disparaissait sans que personne ( ou très peu) ne s'insurge, je me disais que c'était une grande injustice.

 

Ci-dessous Robert GOUTE décoré en 2000 au Ministère de l'Air pour l'ensemble de son action lors de sa carrière  à la Musique de l'Air  par le chef d'état-major de l'armée de l'air.   
(  3e en partant de la gauche)

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